🇫🇷 Poème qui ne rime à rien 🇫🇷

À toi qui arrive, Ô piètre voyageur

Pitre de façade, malheurs en profondeur

Toi qui t’embarques pour ces bien étranges rives

Fêtes de la poussière, de crocs, de vieux os

Toi qui franchis la verdeur du portail grinçant

Toi, porteur, sherpa sous les branches des platanes

Pauvre pantin s’essoufflant sous l’à-coups du Destin

À toi qui dérive au torrent de tes larmes

Ô fiévreux malade, Elles ont formé une

Rizière sans digues, Ô toi qui voudrait juste

Des rames pour mener ton navire au fond du pire

Sur le ponton de ton pauv’Pyrhée détrempé

Sang et horreur y arrivent en raz-de-marées

Ne ris pas jaune, Ô primo, ou secundo

Ô infini arrivant, Ne ris pas et va !

Sèche tes larmes, regarde ! Desseins d’automne

Feuilles fouettées par le vent fou rieur

Lie-de-vin dans le déni de tes dépendances

Printemps pluvieux, comme dans l’ombre de ton crâne

Ne ris, ne pleure plus, Ô jeune déchiré,

Adulte aux crimes d’enfants, vieil apitoyé

Écoute ! Écoute les murmures des autres

Ici comme toi, pour éviter la noyade

Valse sentimentale, pavillon désobligé

Chuchotis en tournant des oubliés des Dieux

Tu n’es plus seul, Oh ! tu es bien là, bien, là.

Autour de toi ce sont des centaines de mains

Qui s’occupent à enterrer ta hargne et ta haine

Des yeux bienveillants pleins de lait et de miel

Afin de remplacer par de la laine ton fiel

Lointaine fin, place à l’oubli rose, aux demain.

Sais-tu, sais-tu ? Tu es déjà notre ami,

Même si, dans les premiers jours, désemparé

Au purgatoire tu t’esclaffes et t’écries :

« Allons ! Je ne suis de cet étrange pays ! »

« Je suis si sain, si sain d’esprit, si plein de vie ! »

« Je suis bien meilleur que ceux qui se sont laissés »

« Dévorer par les cafards amers et les blattes ! »

« Moi qui suis mieux qu’un clown, presque aussi haut que Dieu »

« Enfin, aux jars, aux idiots je vais dire adieu »

Et puis tu riras, Ô marin solitaire

Du haut de ton phare de sel sans lumière !

Architecte des pirouettes de Babel,

Dans ta maison de papier, ça fond bien vite

Sous tes pleurs, déclenchés sans quelconque incendie,

Pour un détail, contre le regard, le regard

Hagard d’une de ces misérables canailles

Nous y voilà, tu y es ! Tu es parmi nous,

Sèche l’herbe, Tu as ta place parmi les fous.

Tu croiras peut-être alors trouver des amis

Et des ennemis, relations de papier brun

Très bien pour se serrer la main et les phalanges,

Trouver même, tard le soir, de quoi te détourner

De ton banal désespoir : tu croiras même,

Fou ! Tu penseras qu’il y a des sanglés

Plus ou moins graves, des plaies plus ou moins épaisses

Que les médusés rouillés s’en tirent mieux que toi

Pauvre fourmi qu’on a bousillée, cygne écrasé !

Ou alors serais-tu un saint ? Un pauvre saint ?

Un ange noir en fer, comme disent certains

Déployant ses ailes de chair au lieu de ses plumes

Pensant penser, pense-bête du troupeau qui bêle

Comme moi, au-dessus de ces pauvres têtes

Mais un terrible soir, tu pleureras beaucoup

Seul, inconnu, les joues marbrées, dans ton placard

Là où le noir est absolu, est utérin

Adieu, carapace luisante. Plus personne,

Personne d’autre que toi qui déroulera

La pelote pour toi : pas d’Ariane à lâcher

Pas un pour te guérir, alors autant en finir.

Pourquoi ces pilules et les blouses blanches

Qui s’en vont aussitôt l’ordonnance écrite ?

Crie, pleure, tape. Ta solitude et ta maladie

Finiront le jour, enfin, où tu comprendras

Parmi les écureuils et au milieu des rats

Tu ne seras plus seul quand tu n’auras que toi.

Bienvenue au pavillon des malheureux, ne t’y perds pas.

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